2012

Lauréats

Catégorie Une basket : Terminale Terminus, Thierry Robberecht, Rat Noir Syros
Catégorie Deux baskets : Lettre à mon ravisseur, Lucy Christopher, Gallimard

Comment (bien) rater ses vacances, Anne Percin, Rouergue

Maxime a 17 ans, l’âge où l’on n’a plus très envie de partir en vacances avec ses parents, surtout si ceux-ci ont décidé de randonner en Corse. Alors si en plus il a le soutien inespéré de sa petite sœur, ce sera vacances tranquilles chez Mamie, au Kremlin (Bicêtre), pendant que sa sœur ira en colo. Glandage assuré tous les jours devant l’ordi, suffit d’aider un peu Mamie dans sa confection de cerises à l’eau de vie en grimpant à l’arbre. Mais ce plan idyllique n’avait pas prévu que Mamie ferait une crise cardiaque et changerait l’été de Maxime…
Récit hilarant et plein de finesse.

Blog, Jean-Philippe Blondel, Actes Sud

Un « viol virtuel ». Voilà comment le narrateur, 16 ans, ressent la lecture intempestive de son blog par son père. Il décide de ne plus lui adresser la parole. Le père confie alors à son fils un carton rempli de documents datant de sa propre jeunesse dans les années 1980. Le héros va voir rapidement plus loin que sa colère et découvrir son père sous un autre angle. Un secret de famille plus tard, la réconciliation et une nouvelle relation sont possibles.
Sensible et sincère, un roman drôlement « chouette » – comme aurait dit le père.

Terminale Terminus, Thierry Robberecht, Rat Noir Syros

Louis était en terminale, il est mort brutalement, écrasé par une voiture. Alexia est anéantie, elle cherche à mieux comprendre qui était son grand frère. Alors elle fouille sa chambre, elle enquête, elle découvre un autre Louis, souffre-douleur du lycée, ou encore dealer d’herbe, de cocaïne et d’héroïne.
Polar bien mené, suspense haletant, mais aussi récit psychologique vraisemblable qui emmène le lecteur dans la tête d’un adolescent fragile qui, peu à peu, s’enfonce dans des engrenages infernaux.

Calvino-Calvina, Carlo Frabetti, Les grandes personnes

Apprêtez-vous à lire une drôle d’histoire, le genre qui est absolument impossible à résumer tant le sujet est hors du commun. Un cambrioleur se fait surprendre par un jeune garçon habillé de noir et le crâne chauve, qui lui demande de se faire passer pour son père. Jusque là, ça va ! Mais ensuite interviennent une femme congelée dans un garde-manger, un loup-chien, un géant qui est un nain, un asile-bibliothèque… Vous comprendrez que cela devient un peu compliqué.
Un roman surréaliste aux rebondissements incessants et surprenants.

50 minutes avec toi, Cathy Ytak, Actes Sud

Un père, par terre. Il ne bouge pas. Un fils, debout. Il ne bouge pas. Cela dure 50 minutes. Pendant cette bulle de temps arrêté, le fils pense, s’adresse à celui qui est couché, se rappelle tout ce qu’il a mal vécu dans son enfance. L’adolescent vient d’obtenir son bac brillamment, il est amoureux, il va pouvoir quitter la maison et vivre enfin. Ne plus rien devoir à cet homme.
Un monologue magnifique qui explore avec justesse cette relation père-fils et dont l’écriture épurée dégage une grande force.

Alabama Moon, Watt Key, Bayard

Moon, dix ans, a grandi dans la forêt seul avec son père. Il ne connait rien des villes, mais il sait parfaitement survivre dans la nature. Lorsque son père meurt, il décide de rejoindre l’Alaska, sa terre promise. Mais son parcours sera semé d’embûches. On découvre, dans ces 400 pages haletantes, un héros plein de ressources, un enfant sauvage au cœur tendre.
Beau roman sur la liberté, l’amitié, le courage.

La ballade de Sean Hopper, Martine Pouchain, Sarbacane

Le jeune Bud vit tout seul avec sa grand-mère indienne. Il n’aime pas l’école et préfère de loin partager son temps avec son corbeau, son hérisson … et grimper aux arbres pour observer la vie de son voisin Sean Hopper. Sean n’aime pas les enfants. Tout le monde le craint, il est bourru et antipathique. Mais quand Bonnie, sa compagne, décide de le quitter, Sean boit jusqu’à plus soif et survit à un accident de voiture qui va bouleverser sa vie. Les sentiments humains sont dépeints par Bud avec une subtilité et une sensibilité déconcertantes.
Un merveilleux roman drôle et touchant que les adultes prendront autant plaisir à lire que les ados.

Onze !, Xavier Deutsch, Mijade

Avec ce titre et cette couverture, on ne peut nier que le fil rouge soit le foot. Un petit club de Flandre, par l’effet de la chance ou de la surprise, se retrouve face à l’AC Milan. Mais dans cette aventure, il y a surtout un jeune marin qui revient juste à temps pour jouer, un détenu en permission spéciale, une réception à l’Hôtel de Ville, une petite fille qui pourra regarder la télé le soir parce que ses deux frères jouent, un entraîneur bourru, un journaliste attachant…
Onze ! ne se lit pas comme un match de foot mais se déguste plutôt tendrement, personnage savoureux après personnage savoureux dans un décor de Flandre tout aussi délicieux.

Jenna Fox, pour toujours, Mary E. Pearson, Les grandes personnes

Pourquoi Jenna se souvient-elle si bien de sa toute petite enfance en dépit de son amnésie ? Pourquoi ses parents ont-ils déménagé au moment de sa sortie de coma ? Pourquoi sa grand-mère Lily, femme aimante et aimable ne l’aime-t-elle pas, elle Jenna, adorée ? Pourquoi ne peut-elle manger au lycée comme tout le monde ? Pourquoi se sent-elle prisonnière avec sa propre vie ?
Un roman fort et beau, une intense réflexion sur la vie et ses valeurs, sur les limites de l’humain acceptables ou non.

Lettre à mon ravisseur, Lucy Christopher, Gallimard

A l’aéroport de Bangkok, en vacances avec ses parents, Gemma, 16 ans, est enlevée en plein jour. Elle se réveille au milieu d’un désert australien, liée par nécessité à son ravisseur, Ty, 24 ans. D’abord en complète rébellion, malade des drogues absorbées, Gemma connaît ensuite, voire apprécie certains aspects de la personnalité de Ty… On appelle cela le syndrome de Stockholm. Un vrai thriller psychologique.
Un roman glaçant que l’on ne peut ni lâcher ni oublier.

Peine maximale, Anne Vantal, Actes Sud

Une cour d’assises. Le procès d’un vol qui a mal tourné menant à l’enlèvement d’un bébé. Dans le box des accusés, il y a Kolia. Son jugement va avoir lieu et le lecteur suit pas à pas le procès. L’histoire du jeune homme est dépeinte sans sentiment ni pitié. Le coup de génie de l’auteure est de faire parler chaque intervenant du procès. Chaque voix est différente, propre à chacun et nous influence, nous agace , nous dirige dans notre propre jugement.
Un roman factuel, sans un mot ni une émotion de trop, qui réussit la gageure de complètement captiver son lecteur.

Le monde de Marcelo, Francisco X. Storck, Gallimard

Marcelo, 17 ans, est atteint d’une forme d’autisme qui l’empêche de communiquer avec les gens. Passionné de musique, Marcelo vit dans son monde et ne veut pas autre chose. Mais son père, riche avocat d’affaires, lui impose de faire un stage d’été dans son cabinet, en espérant que son grand fils pourra évoluer au contact du « monde réel ». Marcelo va y apprendre beaucoup : la compétition, la jalousie, la colère, le désir, la trahison.
La voix est belle, intense, vibrante.

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