2015

Catégorie Basket jaune (13+) : La fille seule dans le vestiaire des garçons, Hubert Ben Kemoun (Flammarion)
Catégorie Basket verte (15+) : Nos étoiles contraires, John Green (Nathan)
Catégorie Basket orange (17+) : Le cœur des louves, Stéphane Servant (Le Rouergue)

Lauréats

Itawapa, Xavier-Laurent Petit, Ecole des Loisirs

 

Amérique du sud, de nos jours. La mère de Talia est anthropologue et n’a de cesse de protéger des morceaux de forêt vierge et leurs habitants contre les multinationales avides de profit. Cette fois, Talia est inquiète, cela fait déjà quarante-huit jours que Juana ne lui a plus donné signe de vie. Bien décidée à tout faire pour retrouver sa mère, au mépris de la prudence, Talia s’enfonce dans la vaste forêt vierge pas nécessairement amicale… Il y a aussi ce mystère autour de la famille de Talia : serait-il lié à cette forêt ?
L’écriture est sobre et belle, elle suscite l’émotion et entraîne le lecteur à choisir son camp sans jamais le lui imposer.

La fille seule dans le vestiaire des garçons, Hubert Ben Kemoun, Flammarion

 

Comment une histoire de sac chapardé, un baiser demandé en retour et une baffe à l’arrivée peuvent bousculer la vie de la jolie Marion, 14 ans. Enzo va vouloir se venger de cette baffe humiliante. A partir de ce moment, c’est l’escalade. Les ados vont commettre des actes dont la portée les dépasse.
Un roman qui fait prendre conscience que toutes les vidéos ne sont pas bonnes à poster sur Facebook et Youtube. Un livre qui suscite le débat.

Ma tante est un cachalot, Anne Provoost, Alice Jeunesse

 

Anna voit sa vie chamboulée quand sa cousine Tara s’installe près de chez elle à Cape Cod. Tara est étrange, arrogante, imprévisible, mais cette attitude cache un mal profond qui est peu à peu révélé au lecteur. Le drame des baleines-pilotes venues s’échouer sur la grève déclenche un processus qui permet à Tara de s’en sortir, car son implication dans le travail de remise à l’eau des cétacés se mêle au silence qu’elle finit par briser.
Ce roman, traduit en français 23 ans après sa parution en néerlandais, aborde l’inceste avec doigté, justesse de ton et intelligence des sentiments.

Que deviennent les enfants quand la nuit tombe ?, Jean-Paul Nozière, Thierry Magnier

 

En restaurant la grange de leur ferme, la famille Squalo déterre un crâne humain posé à côté d’une belle pierre verte… Une enquête de gendarmerie conclut qu’il s’agit d’un crâne vieux de quarante ans et qu’il y a prescription. Mais le père et sa fille continuent à investiguer. Et à travers le récit d’Ylisse, un vieil homme qui raconte son enfance, ils sont transportés sur une île de l’Océan Indien où la vie est loin d’être facile et où les enfants sont arrachés à leur île pour être emmenés en France. Quelle vie y trouveront-ils ?
Un récit troublant qui sans cesse, croise et alterne les lieux, les époques et les narrateurs. Un récit de vie, un récit de mort.

Double jeu, Jean-Philippe Blondel, Actes Sud Junior

 

Renvoyé de son lycée de banlieue, Quentin est placé dans un lycée bourgeois du centre-ville. Eloigné de ses amis d’enfance, il s’y sent étranger, exclu. 
Fasciné cependant par sa prof de français, il accepte d’intégrer son cours d’art dramatique pour incarner Tom, le héros de La Ménagerie de verre, pièce de Tennessee Williams.
 Quentin se familiarise peu à peu avec les codes de son nouveau milieu de vie, mais il se sent tiraillé entre ses deux univers… Son malaise fait écho à la pièce qu’il répète et, entre la vraie vie et les répétitions, entre l’acteur et son personnage, les frontières tendent à s’abolir.
Une écriture à la fois forte et délicate, qui fait passer de très nombreux messages d’espoir.

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, Susie Nielsen, Hélium

 

Dès les premières pages, le lecteur comprend qu’un grave événement est venu bousculer la vie de la famille d’Henry. Son père et lui ont déménagé à Vancouver, ville où personne ne connaît leur histoire. Ne comptez pas sur moi pour vous la révéler. Je peux juste vous dire qu’il s’agit d’un harcèlement qui a mal tourné. Henry va tenter de reconstruire sa vie, de se refaire des amis et de se défaire du poids de la culpabilité.
Un grand roman plein de tendresse et d’affection, au ton léger et humoristique.

Nos étoiles contraires, John Green, Nathan

 

Atteinte d’un grave cancer des poumons, Hazel participe à un groupe de discussion avec d’autres jeunes malades. Elle y rencontre Augustus qui tombe immédiatement sous son charme. Sa vie en est bouleversée. Au cours des longues heures qu’ils passent ensemble, ils partagent une passion pour un livre dont l’auteur a éludé la fin. Ils partiront à la rencontre de cet auteur qui vit à Amsterdam afin de lui demander de « finir » son roman. Ce voyage ira bien au-delà de leurs espérances…
Emouvant et souvent drôle, ce livre extraordinaire retrace le destin de deux jeunes, passionnément amoureux de la vie.

Sweet Sixteen, Anne-Lise Heurtier, Casterman

 

1957, en Arkansas. Un état du Sud des Etats-Unis où la ségrégation raciale règne encore. Dans ce contexte très dur, neuf jeunes Noirs intègrent un lycée public jusque là réservé à l’éducation des Blancs. Très vite, la tension monte : d’un côté, les Blancs qui menacent, injurient et agressent, de l’autre, les Noirs qui craignent des représailles et accusent ces jeunes de mettre leur communauté en danger. Molly, qui fait partie de ce groupe d’adolescents, tiendra-t-elle le coup ?
Un récit bouleversant qui soulève des passions et fera réfléchir aux manifestations racistes encore existantes dans notre monde aujourd’hui.

Big easy, Ruta Sepetys, Gallimard

 

L’histoire se déroule à la Nouvelle-Orléans, dans le Quartier français, plaque tournante de l’argent facile, des prostituées et des malfrats. Mais au milieu de ce bourbier, il y a Josie et quelques autres belles personnes. Josie n’a qu’un rêve, être admise dans la prestigieuse université de Smith. Cependant, ce n’est pas chose facile pour la fille d’une prostituée qui, de plus, se retrouve bien malgré elle liée à une histoire de meurtre. Mais Josie est pleine de ressources…
Une histoire à laquelle vous repenserez souvent une fois la dernière page tournée.

La fille mirage, Elise Broach, Le Rouergue

 

« Certains problèmes vous tombent dessus sans crier gare ». Lucy, son frère Jamie et son pote Kit vont l’apprendre à leurs dépens. Partis en voiture rejoindre leur père pour les vacances, dans le désert d’Arizona en pleine nuit et sous l’orage, leur voiture heurte quelque chose. Lorsqu’ils font demi-tour, ils découvrent le corps sans vie d’une jeune femme. Sont-ils responsables de sa mort ? Qui est-elle ? Comment se trouve-t-elle à cet endroit ? Pendant quelques jours, les 3 ados vont se retrouver coincés en plein désert. Des circonstances propices au développement de nouveaux sentiments.
Une intrigue bien menée où sont très justement décrits les sentiments amoureux.

Le cœur des louves, Stéphane Servant, Le Rouergue

 

Un village perdu au fond d’une vallée, un lac noir, des montagnards liés par des secrets inavouables, tel est l’endroit où reviennent vivre Célia et sa mère. Personne ne semble content de les revoir et tous semblent porter une rancune tenace à leur aïeule, pourtant décédée. Menaces et insultes se multiplient à l’encontre de Célia. Seule Alice, son ancienne compagne de jeu, noue avec elle une relation étrange. Pour survivre au passé et à la haine et enfin trouver le chemin de la vérité, Célia devra « devenir louve pour ne pas être proie ».
Un récit bouleversant, une écriture magistrale, un roman qu’on dévore avec passion.

Zelda la rouge, Martine Pouchain, Sarbacane

 

Remplie de vie, passionnée, drôle, Zelda, seize ans, se déplace en fauteuil roulant depuis l’âge de 10 ans. Elle vit seule avec sa sœur Julie, qui travaille comme aide-soignante et qui espère toujours retrouver le chauffard qui a renversé Zelda. Elles ouvrent leur grande maison à quelques personnes meurtries par la vie. Une formidable solidarité les unit et transforme cette colocation en famille pleine de tendresse et d’humour. Cet équilibre fragile sera bousculé par l’arrivée de Baptiste…
Ce n’est pas un roman sur le handicap, même si celui-ci est évoqué avec délicatesse et humour par Martine Pouchain, c’est plutôt une ode à la vie, magnifiquement portée par une très belle écriture.

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