Catégorie Basket jaune (13+) : On est tous faits de molécules, Susin Nielsen, Hélium
Catégorie Basket verte (15+) : Blood family, Anne Fine, L’école des loisirs

 

Lauréats

2017

Quelqu’un qu’on aime, Séverine Vidal, Sarbacane

Matt décide d’emmener son grand-père Gary, atteint de la maladie d’Alzheimer, dans un voyage qui retrace la tournée de son idole, un crooner des années 50. Mais rien ne suivra les plans longuement établis. Tout d’abord, peu de temps avant leur départ, Matt apprend qu’il est le père d’une petite fille d’un an et demi dont il devra s’occuper pendant quelques semaines. A l’aéroport, à cause du mauvais temps, les avions ne décollent plus. Le voyage semble perdu. Mais non car Matt, Gary et le bébé sautent dans un mini-van de location avec deux autres passagers imprévus. Et pour cette famille improvisée, c’est parti pour un road trip atypique sur le chemin des souvenirs mais aussi à la rencontre d’histoires bien vivantes.
Voilà un roman émouvant, intergénérationnel et très attachant.

On est tous faits de molécules, Susin Nielsen, Hélium

 

Lorsque son père emménage chez une nouvelle compagne après le décès de son épouse, Stewart, garçon surdoué et particulièrement fragile, se voit acculé à cohabiter avec Ashley, la fille extravertie et superficielle de Caroline. Ces deux ados atypiques aux univers très différents, interpellés par des réalités familiales inhabituelles, n’ont a priori rien en commun qui pourraient les unir.
Roman à deux voix narratrices en alternance, qui nous fait découvrir, avec tendresse et humour, comment ces deux personnages tentent de s’apprivoiser et de remettre en question leurs préjugés.

Aussi loin que possible, Eric Pessan, L’école des loisirs

Un matin, Antoine et Tony, 13 ans, ne se rendent pas à l’école. Sur un coup de tête, ils se mettent à courir et quittent leur cité. Courir, sans s’arrêter, puiser dans ses retranchements pour se vider la tête et éloigner les idées noires. Tony et sa famille vont être expulsés de France. Antoine, quant à lui, subit les colères et les coups de son père. Ce roman nous fait ressentir la fatigue, la peur, sa soif, la faim, le danger permanent. Mais également l’entraide unissant ses deux enfants malmenés par la vie.
Un roman puissant et délicat empreint de poésie.

Tornade, Jennifer Brown, Albin Michel

 

Dans le Mid-West américain, une tornade d’une violence inouïe frappe la ville où habite Jersey. En état de choc, et sans nouvelle de sa famille, elle se terre dans ce qui reste de la cave de sa maison complètement détruite. Il faudra du temps à la jeune fille pour émerger de sa torpeur et encore bien plus pour tenter à tâtons de se reconstruire. En plus d’être confrontée à cette situation de détresse exceptionnelle, Jersey met au jour un passé familial qui lui avait été caché et elle devra également faire le deuil de certains souvenirs.
L’auteure réussit à aborder ce sujet complexe avec beaucoup de nuances dans un récit à la première personne.

Ses griffes et ses crocs, Mathieu Robin, Actes Sud Junior

Les parents de Marcus décident de passer les vacances dans un chalet perdu au beau milieu de la montagne. Mais, lorsque l’on est atteint de tocs comme Marcus, il s’agit d’une véritable épreuve. Dès que la famille arrive sur place, Marcus sent qu’il y a un danger. Mais comment être pris au sérieux lorsque la moindre petite chose vous fait angoisser ! Cette montagne renferme-t-elle un terrible secret ?
Avec ce roman, le lecteur navigue entre le fantastique et le réel. Suspense et actions sont au rendez-vous de ce roman qui vous fera frissonner.

Nous les menteurs, E. Lockhart, Gallimard

 

« Nous, les menteurs » commence un peu à la manière d’un épisode de Gossip Girl, mais, plus on avance dans l’histoire et plus celle-ci devient sombre. L’été, Cadence, 15 ans, le passe avec toute sa riche famille sur une île privée de la côte Est des USA. Jusqu’au jour où un accident se produit. Celui-ci laisse Cadence amnésique et la proie de terribles migraines. Que s’est-il passé lors de cet été ?
Dans ce drame familial, le lecteur avance à tâtons à mesure que l’héroïne rassemble ses souvenirs. Rythmé par des chapitres courts et des phrases incisives, vous tournerez les pages de cette histoire sans vraiment vous en rendre compte. « Nous, les menteurs » ne peut pas vous laisser indifférent, sa fin est surprenante !

Dysfonctionnelle, Axl Cendres, Sarbacane

 

Fidèle, une jeune fille de seize ans, vit avec ses parents et ses six frères et sœurs dans un bar de quartier. Mais sa famille est très loin du modèle traditionnel : son père, tenancier, fait d’incessants aller-retours à la prison tandis que sa mère, rescapée des camps de concentration, séjourne de plus en plus souvent à l’asile psychiatrique. Mais cette famille qui vit des situations tragi-comiques déborde de tendresse et de pudeur. Un jour, Fidèle se retrouvera dans une école huppée où elle devra affronter la moquerie de ses condisciples. Mais c’est là aussi qu’elle rencontrera l’amour de sa vie avec qui elle aura une relation tumultueuse.
Un roman plein d’humour, d’amour et très touchant.

Blood family, Anne Fine, L’école des loisirs

 

Edward a sept ans, quand la police force la porte de l’appartement où il a vécu enfermé avec sa mère, terrorisé par un homme alcoolique et violent. Pourtant, malgré le calvaire qu’il a vécu, il a l’air de s’en sortir fort bien grâce à sa famille d’accueil qui l’entoure de tendresse et l’aide à faire ses premiers pas à l’école. Son intelligence et sa curiosité séduisent tout son entourage. Ce n’est hélàs pas le cas de sa mère qui, à force de maltraitance, a perdu la raison et doit être placée dans un institut psychiatrique. Plus tard, Edward est adopté, il se reconstruit peu à peu et tente d’oublier son passé. Mais celui-ci se rappelle brutalement à lui, à l’adolescence, lors d’une banale excursion scolaire où il se trouve confronté à sa propre image. Commence alors une incroyable descente aux enfers dont on espère ardemment qu’il en sorte à force de courage et de volonté.
Un roman très humain et un message d’amour et d’espoir pour ceux qui ont le cœur bien accroché.

Nous voulons tous le paradis, Els Beerten, La joie de lire

 

Zoom sur un aspect de la guerre 40-45 souvent méconnu : l’endoctrinement de jeunes flamands catholiques pour qu’ils partent, en héros, combattre les communistes sur le front russe. Dans un village de Flandre avec de la résistance, de la collaboration, de l’amour, de la méfiance, des règlements de compte… On apprend de manière assez chaotique, par une chronologie déconstruite et plusieurs narrateurs qui embrouillent volontairement le récit, comment on devient collabo, presque sans s’en rendre compte et pour la bonne cause, comment on quitte sa famille ou son premier amour du jour au lendemain pour aller se battre à des milliers de kilomètres…
En résonance curieuse avec l’actualité de 2016 !

La pyramide des besoins humains, Caroline Solé, L’école des loisirs

 

Même s’il l’a voulu pour échapper à son père violent, ce n’est pas évident pour Christopher de vivre à 17 ans avec pour seule richesse un duvet sur un coin de trottoir à Londres. Par désœuvrement, tout en continuant de vivre en SDF avec ses nouveaux amis de la rue, il s’inscrit sous un pseudo à un jeu de télé-réalité online sur les besoins humains : quinze mille concurrents au départ. Contre toute attente, les messages minimalistes qu’il poste sur le site du jeu rencontrent auprès du public un succès grandissant de semaine en semaine.
Roman réaliste mais fort heureusement émaillé d’humour qui force Christopher et aussi le lecteur à réfléchir sur les contrastes entre une vie d’errance et la notoriété.

© 2019 Prix Farniente